L’Ubume est l’esprit d’une femme morte en accouchant, ou peu après la naissance de son enfant.
Elle apparaît la nuit, vêtue d’un kimono blanc funéraire, tenant un bébé dans ses bras.
Dans certaines versions anciennes, son vêtement peut être taché de sang, rappel tragique de sa mort en couches.
Pourtant, son intention n’est pas de terrifier, elle cherche surtout à protéger son enfant ou à s’assurer qu’il sera nourri.
L’Ubume est mentionnée dès les récits anciens comme le Konjaku Monogatari, puis dans les kaidan (récits fantastiques) et les rouleaux illustrés (emakimono) de l’époque Edo.
Elle représente la peur universelle de la mort en couches (fréquente dans le Japon ancien) et l’amour maternel transcendant la mort.
Dans certaines versions bouddhistes, l’Ubume est considérée comme une âme incapable de trouver le repos à cause de son attachement trop fort à son enfant.
L’Ubume apparaît devant une boutique de confiserie ou un temple pour acheter des douceurs pour son bébé.
Au matin, l’argent laissé devient des feuilles mortes, révélant sa nature spectrale.
Elle confie son nourrisson à un passant ou un moine avant de disparaître.
Parfois, l’enfant devient une pierre froide, symbole du deuil.
Dans certaines régions, on prie l’Ubume pour protéger orphelins et nouveau-nés.
Prières bouddhistes : on récite des sutras pour guider son âme vers un meilleur cycle de réincarnation.
Offrandes de bonbons et jouets : dans certains temples, on dépose des friandises pour apaiser l’Ubume.
Adoption symbolique : le fait de prendre soin d’un enfant abandonné est vu comme une manière d’honorer son souvenir.
L’Ubume symbolise à la fois la mort en couches (grande crainte des sociétés pré-modernes) et la force de l’amour maternel qui transcende la mort.
Elle incarne aussi le lien entre maternité, souffrance et piété bouddhiste. Dans certaines lectures modernes, l’Ubume est perçue comme une figure de résilience féminine.
Certaines statues de Jizō (protecteur des enfants) au Japon sont associées aux Ubume, et on leur offre des vêtements de bébé ou des jouets.
Dans des récits humoristiques, des commerçants acceptent les « paiements » d’Ubume même après avoir découvert les feuilles mortes, par respect pour son amour maternel.
Elle est parfois vue comme l’ancêtre des « légendes urbaines » modernes de femmes fantômes protectrices.
Traduction : « Ubume » (産女) signifie littéralement « femme en couches » ou « femme qui accouche ».
Noms alternatifs : Kosodate-yūrei (子育て幽霊, « fantôme qui élève son enfant »).
Habitat : Cimetières, temples, ruelles nocturnes, lieux liés aux naissances et aux enfants.
Régime : Ne se nourrit pas d’humains ; l’Ubume cherche à nourrir et protéger son enfant, demandant parfois l’aide des vivants.