Un vieux coupeur de bambou, Taketori no Okina, découvre un jour une tige de bambou lumineuse. En la fendant, il y trouve un minuscule bébé, radieux comme la lune. Avec son épouse, ils élèvent l’enfant, qui grandit rapidement pour devenir une jeune femme d’une beauté inégalée, nommée Kaguya-hime (Princesse Kaguya en japonais). Partout au Japon, on célèbre sa grâce et son éclat.
Le Taketori Monogatari est apparu durant la période Heian (Xe siècle). Ce récit anonyme, transmis d’abord oralement, marque la naissance de la littérature japonaise en prose. Il combine des éléments du folklore local (bambou magique, êtres célestes) et des influences chinoises (l’arbre de Penglai, symbole d’immortalité). Certains chercheurs y voient une allégorie de la pureté céleste corrompue par le monde humain, ou un mythe d’origine sur la lune comme royaume spirituel.
La réputation de Kaguya attire de nombreux prétendants, dont cinq nobles éminents. Pour s’en défaire, elle leur impose des quêtes irréalisables :
Tous échouent, révélant la vanité de leurs ambitions et la sagesse de la princesse.
Même l’empereur du Japon, séduit par sa beauté, tente de la convaincre de rester à la cour. Bien qu’elle partage ses sentiments, Kaguya confesse sa véritable origine : elle n’est pas de ce monde, mais une enfant de la lune envoyée sur Terre pour un temps limité. Lorsque vient le moment, des êtres célestes descendent du ciel et l’emmènent malgré ses larmes, laissant l’empereur inconsolable.
Le Taketori Monogatari reflète plusieurs thèmes profonds :
Littérature : considéré comme le premier monogatari japonais (Xe siècle).
Arts visuels : représentée dans d’innombrables peintures, estampes et rouleaux illustrés.
Cinéma : Le Conte de la princesse Kaguya (2013) d’Isao Takahata (Studio Ghibli), chef-d’œuvre salué pour sa poésie et son graphisme inspiré des emakimono.
Culture populaire : Kaguya-hime inspire des personnages dans les mangas, animes (Naruto, Sailor Moon), et les jeux vidéo.
Traduction : « Kaguya-hime » (かぐや姫) signifie « princesse resplendissante » ou « princesse brillante ».
Noms alternatifs : Conte du coupeur de bambou (Taketori Monogatari, 竹取物語).