Kuchisake-onna est l’un des esprits les plus célèbres du Japon moderne. Elle se manifeste généralement sous l’apparence d’une femme vêtue d’un manteau long, le visage à moitié caché par un masque chirurgical – chose commune dans le quotidien japonais, ce qui la rend d’autant plus inquiétante.
Elle aborde les passants, souvent des enfants ou adolescents, en leur posant une question glaciale :
« Watashi… kirei ? » (Suis-je belle ?)
Si la victime répond oui, elle enlève son masque, révélant une bouche atrocement fendue jusqu’aux oreilles, souvent maculée de sang. Elle repose alors la question.
Il existe dans le folklore japonais ancien des récits de femmes vengeresses au visage mutilé. Ces histoires fournissent un substrat mythique auquel s’est greffée une légende moderne.
La forme contemporaine de Kuchisake-onna s’est massivement répandue à la fin des années 1970, notamment après des rumeurs et des témoignages relatés dans la presse locale (région de Gifu et d’autres préfectures). Des articles et comptes rendus scolaires évoquèrent une « femme masquée aux ciseaux », provoquant des mesures de protection pour les enfants dans certaines écoles.
La légende est devenue virale via le bouche‑à‑oreille, les médias locaux puis la culture populaire (films, manga, TV), produisant de nombreuses variantes régionales.
Kuchisake-onna n’offre généralement aucune échappatoire à ses victimes :
Cet enchaînement renforce son image d’esprit cruel, prisonnier d’un rituel infernal.
Comme souvent dans le folklore japonais, même les esprits les plus implacables peuvent être trompés :
Ces ruses témoignent de la nature rituelle des yūrei : ils suivent des logiques qui peuvent être brisées par la ruse humaine.
Kuchisake-onna ne représente pas seulement une créature d’horreur :
Elle incarne la peur des dangers urbains, à une époque où les enfants commençaient à circuler seuls dans des villes en expansion.
Elle reflète les traumatismes liés à la violence domestique et patriarcale, ses origines étant souvent associées à une mutilation infligée par un homme.
Elle illustre la puissance des rumeurs et des paniques collectives, capable de transformer un mythe en peur sociale réelle.
Cinéma : Carved: The Slit-Mouthed Woman (2007) et d’autres films d’horreur.
Manga et anime : apparaît dans Hell Teacher Nube, Ghost Stories, Jujutsu Kaisen, GeGeGe no Kitarō.
Culture populaire : encore aujourd’hui, son histoire est racontée dans les écoles et sur internet, perpétuant sa légende.
Durant la panique des années 1970, des journaux rapportèrent de faux témoignages, alimentant la peur collective.
Elle est parfois comparée au Joker occidental, en raison de son sourire sanglant.
Dans certaines villes, des enfants portaient des talismans ou récitaient des formules pour s’en protéger.
Traduction : Kuchisake-onna (口裂け女) - « femme à la bouche fendue »
Noms alternatifs : Aucun véritable, mais parfois appelée simplement « Onna » (女, « la femme ») dans certains récits.
Habitat : Rues désertes, abords d’écoles, quartiers résidentiels.
Régime : Yūrei (esprit vengeur) et légende urbaine contemporaine.