Analyse de l'oeuvre
City Hunter (Nicky Larson)

City Hunter : l’action comique made in Shinjuku

Derrière les néons étincelants et l’agitation de Shinjuku, City Hunter a su marquer toute une génération par son mélange unique d’action palpitante et de comédie débridée. Publié pour la première fois dans les pages du Weekly Shōnen Jump en 1985, le manga de Tsukasa Hōjō a rapidement séduit les lecteurs grâce à son héros aussi séduisant que maladroit, Ryō Saeba, et sa partenaire de toujours, Kaori Makimura. Plus qu’une simple série d’enquêtes, City Hunter incarne une époque : celle du Tokyo des années 1980, à la fois moderne, bouillonnant et parfois dangereux, où se croisent policiers, malfrats, célébrités et anonymes en quête de protection.

Adaptée en anime dès 1987, l’œuvre a su conquérir un public mondial, portée par un style visuel soigné, une bande sonore inoubliable et un humour qui traverse les générations. Aujourd’hui encore, la série reste une référence incontournable, symbole de l’âge d’or du manga et de l’animation japonaise, où l’action et le rire cohabitent sans jamais se trahir.

City Hunter l’action comique made in Shinjuku

Origines et contexte de création

Sérialisé de 1985 à 1991 dans le Weekly Shōnen Jump, City Hunter est l’œuvre majeure de Tsukasa Hōjō, déjà reconnu pour Cat’s Eye. Sunrise adapte le manga dès 1987 : quatre séries TV s’enchaînent jusqu’en 1991, suivies de nombreux TV specials et films animés. Plus tard, Hōjō étendra son univers avec Angel Heart (spin-off situé dans un monde parallèle), confirmant son goût pour les récits urbains mêlant action, comédie et émotion.

Synopsis narratif

À Shinjuku, Ryō Saeba est un « nettoyeur » : détective privé aux méthodes musclées, tireur d’élite redoutable mais aussi incorrigible séducteur. Il accepte ses missions via le mystérieux message « XYZ » inscrit au tableau d’affichage de la gare. Avec lui, Kaori Makimura, partenaire fidèle et armée de sa célèbre massue de 10 kg, contrebalance ses obsessions « mokkori » et veille à maintenir un semblant d’équilibre. Ensemble, ils protègent témoins, célébrités, policiers ou simples citoyens, dans des enquêtes où les fusillades stylisées côtoient les gags burlesques et les instants de tendresse.

Ryō Saeba et Kaori Makimura - City Hunter

Lecture thématique de l’œuvre

Justicier & limites : Ryō agit en marge de la police, mais son code reste clair : protéger les victimes, punir sans cynisme.

Partenariat & confiance : Kaori canalise les excès de Ryō : leur équilibre fait tenir l’histoire entre burlesque et gravité.

Ville & modernité : Shinjuku sert de personnage : cafés, passerelles, néons et rooftops signent un Tokyo vivant.

Style visuel et mise en scène

City Hunter brille par son mélange des genres. Héritier des polars occidentaux, Ryō Saeba agit en marge de la loi mais suit un code d’honneur inébranlable : protéger les innocents. La relation avec Kaori, oscillant entre complicité, jalousie et non-dits amoureux, apporte une profondeur émotionnelle inattendue. Shinjuku, avec ses passerelles, ses cafés et ses néons, devient un personnage à part entière, miroir d’un Tokyo en pleine modernisation dans les années 80.

Visuellement, la série impressionne par ses gunfights chorégraphiés, ses poses iconiques et son humour. L’OST, mêlant city-pop, saxophone jazzy et génériques cultes, installe une atmosphère urbaine unique, entre polar et romance.

À propos de l’auteur : Tsukasa Hōjō

Tsukasa Hōjō

Né en 1959 à Kitakyūshū, Tsukasa Hōjō s’impose comme l’une des figures majeures du manga des années 1980-1990. Après ses débuts avec Cat’s Eye (1981-1985), il trouve la consécration grâce à City Hunter (1985-1991), œuvre emblématique mêlant polar, humour et romance. Son style graphique se distingue par un trait réaliste, raffiné et cinématographique, qui sublime autant l’action que les émotions de ses personnages.

Hōjō est également reconnu pour la place centrale accordée à ses héroïnes, fortes et indépendantes, de Hitomi (Cat’s Eye) à Kaori (City Hunter). Il poursuivra ensuite son univers avec Angel Heart (2001-2017), un spin-off plus mature, et signera Family Compo (1996-2000), une comédie familiale audacieuse abordant des thèmes sociaux inédits pour l’époque.

Impact culturel et héritage

Mélange rare de polar tendre et de comédie grand public, City Hunter a défini l’archétype du détective cool à la japonaise et popularisé Shinjuku comme décor de fiction. Entre séries TV, TV specials et films récents, la licence reste un classique transgénérationnel.

Influence en France

Sous le nom Nicky Larson, diffusé dans Club Dorothée, l’anime a marqué les enfants des années 90, malgré un doublage très libre teinté d’humour absurde.

Où (re)voir City Hunter (Nicky Larson) aujourd’hui ?

Anime : City Hunter (1987–1991) + TV specials/films (dispo selon pays) – ADN, Crunchyroll (catalogues variables)

Manga : Ki-oon (FR, Perfect Edition) ; éditions historiques selon tirages

Films : Bay City Wars, The Secret Service, Shinjuku Private Eyes, films récents – VOD, Blu-ray, plateformes

Films live-actions : City Hunter (1993), Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2019), Nicky Larson (Netflix 2024)

Pourquoi revoir City Hunter (Nicky Larson) aujourd’hui ?

Revoir City Hunter aujourd’hui, c’est redécouvrir un mélange unique qui a marqué l’histoire de l’animation japonaise. Bien plus qu’un simple anime d’action comique, la série capture l’esprit des années 80 à Tokyo : néons de Shinjuku, jazz urbain et city-pop envoûtante, héroïnes fortes et intrigues oscillant entre drame et humour. Ryō Saeba, avec son mélange improbable de séducteur invétéré et de justicier loyal, reste un personnage intemporel, oscillant entre caricature et icône. Kaori, avec sa massue de 10 kg, incarne une partenaire indispensable, à la fois contrepoids comique et cœur émotionnel de la série.

Mais revoir City Hunter, c’est aussi comprendre son influence : sur la manière dont les mangas/animes ont représenté les villes modernes, sur la fusion entre polar et comédie, et sur la place des couples complémentaires dans les récits shōnen/seinen. Enfin, les films récents comme Shinjuku Private Eyes prouvent que la licence continue à séduire de nouvelles générations. Un classique qu’on savoure toujours, entre nostalgie et modernité.

Pourquoi revoir City Hunter (Nicky Larson) aujourd’hui

Bonus : City Hunter (Nicky Larson) au Japon

Balade Shinjuku Est (Station Square / Studio ALTA, passerelles, cafés) et Kabukichō pour l’ambiance nocturne de la série.

Nakano Broadway (Mandarake) et Jimbōchō permettent de chasser artbooks, OST et éditions Hōjō.

Fiche info.

Titre original :

シティーハンター (City Hunter)

Auteur :

Tsukasa Hōjō

Genre :

Action, Comédie, Policier

Type :

Manga & Anime

Date de sortie :

1985 (manga) | 1987 (anime TV)

Disponible :

ADN, Crunchyroll, Blu-ray

Studio d'animation :

Sunrise

Épisodes :

~140 (4 saisons, 1987-1991) + Specials/films

Volumes manga :

35 (édition originale)

Éditeur JP/FR :

Shueisha / Ki-oon (Perfect Edition)

Site web officiel :

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